Crayons et bulles en mains, Das vous fera des histoires pas possibles.

Du simple croquis jusqu’à la planche de BD ou d’illustration finalisée, en passant par toutes sortes de dessins crayonnés, encrés, coloriés ou non, c’est tout un monde qui tourne autour de la BD et l’illustration sur ce blog.
C’est aussi des avis, des points de vue sur ce qui se fait sur les autres planètes...

Enfin, c’est l’occasion de publier régulièrement des planches de quelques séries BD originales ou des pages de livres d’illustrations qui aimeraient bien s’afficher sur du papier en plus des écrans...
À bon éditeur, salut !

  • Cerebus débarque en VF

    Cerebus the Aardvark © Dave Sim

    Cerebus sera tantôt tenant de bar, tantôt président, tantôt aventurier... De par ses capacités (sur)naturelles, il aura le don de se fourrer dans les pires situations mais aussi de s’en sortir.
    C’est là tout l’avantage et l’intérêt qu’a eu Dave Sim tout au long de ces 27 années : il était le seul maître à bord et Cerebus détonne !
    Dave Sim sera rejoint plus tard par Gerhard qui l’accompagnera, reprenant le dessin des décors et une partie de l’encrage. C’est notamment à lui que l’on doit la couverture de High Society tel qu’elle est publiée.

    C’est un premier aspect (dominant) politique qui donne le ton au deuxième tome High Society qui réunit les épisodes 26 à 50 et qui bizarrement est le premier bottin à avoir été publié par l’auteur lui-même (avant Cerebus the Aardvark, qui est lui composé des épisodes 1 à 25).
    En fait, les 25 premiers épisode s’apparente plus à une recherche/parodie/sketchs du personnage qu’à la véritable vie de Cerebus ensuite développée sur les 275 épisodes suivants.
    Le choix de Vertige Graphic de commencer aussi par ce bottin est donc tout à fait justifié pour la pérennité de cette publication comme il l’explique à la page 6 de cette version française : Cerebus [...] avec ses 6000 pages en trois cents numéros, est une seule et unique histoire, avec un début et une fin. Mais, s’il s’agit d’une histoire avec un début et une fin, pourquoi commencer par publier le volume 2 ? [...] on peut , tout autant que Cerebus, considérer High Society comme le véritable début de la saga.

    Pourquoi je parle de bottins, au fait ? Simplement parce que c’est le nom de "phone books" que les fans ont attribué à ces recueils de près de 500 ou 600 pages chacun. Une édition de même qualité et sur le même papier que les épisodes auto-publiés un à un, donc aussi excitante qu’un annuaire téléphonique.

    Bref, c’est un premier bottin de qualité de 520 pages que propose Vertige Graphic en publiant en français High Society.
    Créé en 1987,Vertige graphic se veut "maison d’édition de BD indépendante, ilôt fantaisie ou la créativité respire..." dixit eux-même. C’est une petite maison d’édition qui met en avant les bandes dessinées apportant une valeur de contenu réfléchi, revendiqué, social, politique, engagé...
    Ils ont notamment publié Hugo Pratt, Will Eisner, Scott McCloud et ont dû travailler longtemps, avec acharnement (et repousser d’autant la sortie de ce roman graphique) sur la publication de High Society, tant à nettoyer les premières planches rescapées des années 70 qu’à traduire ces textes et dialogues si particuliers entre les références locales d’il y a 20 ans et les accents à coupé au couteau dont Dave Sim savait si bien parsemer son œuvre.

    En tout cas, c’est une belle édition que nous avons là. Couverture souple et papier blanc de qualité sont au rendez-vous pour compléter ce travail titanesque d’adaptation (car c’est plus qu’une simple traduction).
    On a le droit à 4 pages résumant le premier volume non publié en français (pour le moment) suivit d’un introduction de Dave Sim puis on entre dans le vif du sujet : 504 pages de comics à dévorer (et digérer).

    La lecture n’est en effet pas toujours évidente, que ce soit du fait de la densité des textes ou de la dispositions renversantes des cases, cassant tout les concepts du comics nord américain mais c’est tout ce que revendiquait Dave Sim dans sa conception d’un comics hors-norme et inqualifiable (feuilletez les pages 484 à 488 pour une démonstration).

    Pour les curieux, BDgest propose un aperçu des 30 premières pages. De quoi se faire une idée du ton de ce roman graphique et courrir l’acheter pour la modique somme de 35€ qui, au vue du nombre de pages, est au delà de toute concurrence.

    Pour finir, une anecdote résumant assez bien Dave Sim, sa démarche et son état d’esprit quant aux droits des auteurs de BD outre-Atlantique : à l’occasion du 300° et dernier épisode, ce dernier a autorisé (via une licence générale) tout créateur à utiliser son personnage Cerebus dans le cadre de leur création, en attendant le passage dans le domaine publique à la mort de l’auteur.

    Bonne lecture !

    Cerebus : high society
    Artistes : Dave Sim, Gerhard
    Éditeur : Vertige Graphic
    TBP : 517 pages
    Langue : français
    ISBN : 978-2849990803
    Prix : 35€
    Sortie : 26 août 2010

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  • Kick-Ass, le film qui casse

    Kick Ass © J. Romita jr, T. Palmer, D. White

    En effet, Kick-Ass était très attendu :

    • Mark Millar (le scénariste) à le vent en poupe aux États-Unis, il est l’auteur de séries majeures dans le monde du comics, telle que The Ultimates (Best seller épuisé en quelques jours), Civil War (cross-over annuel 2008 qui a changé l’univers Marvel à tout jamais), Old Man Logan (une version futuriste de Wolverine devenu non-violent évoluant dans un monde où les super-vilains sont les maîtres du monde), Wanted (adapté au cinéma dans le film du même nom)...
    • John Romita Jr est un dessinateur de comics très prisé, il a travaillé sur les plus grand titre de la Marvel depuis 1970, parmi lesquels Spider-man (par intermitence entre 1980 et maintenant), Uncanny X-Men, Iron-Man (dans sa période Demon in a Bottle entre autre), Sentry (énorme buzz de la Maison des idées), World War Hulk (cross-over annuel de 2007) et l’innoubliable Dardevil : The Man Without Fear (écrit par Franck Miller et qui reste l’un de mes comics préféré).

    Vous l’aurez compris, nous avons là deux grands noms du comics US plusieurs fois récompensés et on attend forcément beaucoup de tels auteurs.

    À sa sortie, Kick-Ass a donc été un succès (Mark Millar poussant à son paroxysme sa façon d’intégrer le monde réel au monde des super-héros, comme il l’avait précédemment fait avec Marvel 1985) mais c’est aussi ce côté trop vrai qui a gêné voire choqué le public états-uniens. Des scénes (trop) réalistes d’une incroyable violence sont le fond de commerce de ce comics. Le duo Millar/Romita étaient libres de mener leur barque mais c’en était trop pour le public !

    Mais qu’est ce qui justifie une telle violence ?
    Et bien, c’est l’histoire en elle-même, tout simplement. Ce comics n’est pas violent pour le plaisir mais bien parce que l’histoire le veux.

    Mais quelle est donc cette histoire ?
    Elle se résume à ça : dans notre monde, il n’existe pas de super-héros costumés pour faire régner l’ordre et ce bien que l’on ai des milliers de comics et des dizaines d’adaptations cinématographiques pour nous en inspirer. C’est à ce moment que Dave Lizewski (adolescent normal New-Yorkais) décide de combler ce manque en devenant lui-même un héros.
    Vétu d’une tenu de plongé achetée sur eBay, il commence à "patrouiller" dans son quartier jusqu’au jour où il interpelle trois déliquants en train de grapher sur un mur : il fini poignardé et réduit en miette par une voiture.
    Qu’à cela ne tienne, Dave ne renonce pas et après plusieurs mois d’opérations et rééducations, il ressort son costume et c’est là que les ennuis lui tombent dessus (au sens propre) mais il va se battre jusqu’au bout et filmé par un téléphone, finir sur YouTube, vue des dizaines de milliers de fois : Kick-Ass est né !
    Mais il va vite découvrir qu’il n’est pas seul.

    C’est cette même situation que l’on retrouve dans le film, de façon assez fidèle, si ce n’est quelques détails insignifiants qui, pour d’obscures raisons injustifiées (à mon avis) ont été modifiés.
    Pourtant, passée la première heure, le film va vraiment différer du comics et pour cause : l’écriture du film a commencé quasiment en même temps que celle du comics, les droits d’adaptation ayant été cédé à Matthew Vaught (le réalisateur) avant la sortie du premier épisode de la BD.

    S’il est donc vrai qu’on a l’impression de connaître les différentes scènes du film avant de le voir pendant toute la première partie, on pourra tout de même être surpris et découvrir une seconde partie qui diverge du matériel d’origine.
    Au passage, cela ne concerne que les lecteurs assidus de comics US en direct import. Pour ceux qui se procureront la version française du comics, ils n’auront que la moitié de la série en tête, les épisodes 1 à 4 étant paru en mars, mais les épisodes 5 à 8 ne paraissant pas avant juin, soit 1 mois et demi après la sortie du film dans les salles obscures .

    Mais le film, dans tout ça ?
    S’il est une chose sûre, selon moi, c’est que pour voir une adaptation cinématographique d’un comics (ou même d’un livre), il faut faire abstraction de ce que l’on a déjà lu sinon, l’adaptation est source de déception : combien de fois m’a-t-on entendu râler après les choix scénaristiques en regardant X-men, Spider-man, Hulk, Iron-man, Dardevil, les Fantastic Four, V for Vendetta, Spawn et d’autres encore... Et en même temps, être parcouru par ce sentiment d’exclusivité, sachant reconnaître un Phénix au fond de l’eau à la fin de X-men 2, annonçant le retour de Jean Grey dans le 3, ou devinant que le film The Avengers sortirait bientôt après avoir vu Nick Fury (Samuel L. Jackson) débarqué à la fin de Iron-man.
    Les adaptations de comics trouvent pourtant toujours le moyen de faire plaisir aux amateurs en leur offrant des indices qu’eux seuls saisissent... Mais c’est rarement suffisant pour compenser les aberrations qui (pour les fans) trahissent l’œuvre originale.
    C’est pourquoi, ce film doit être apprécié pour lui-même plus que pour l’adaptation qu’il est censé être. Trop proche du comics au début et trop éloigné, à la fin (le huitième et dernier épisode du comics étant paru en mars 2010 aux États-Unis) et pourtant, c’est un film d’action bourrin sympathique qui castagne à souhait, nous faisant profiter de belles scènes de combat (sanglantes mais édulcorées pour passer la censure), notamment celles de Hit-Girl, jeune fille de 10 ans qui n’a rien à envier au kung-fu de Keanu dans Matrix et au langage d’Ewan McGregor dans Transpotting. Et bien que Matthew Vaughn soutienne qu’il a fait modifier les chorégraphies de combats afin de leur donner plus de réalisme que les productions chinoises telles que Il était une fois en Chine, on sent tout de même l’influence de ce type de film.

    Ce sont justement les personnages (Dave "Kick-Ass" Lizewski, Hit-Girl ou Big-Daddy) qui donnent son intérêt au film plus que son statut de base (un monde sans super-héros).
    Le choix des acteurs est tout simplement bon :

    • Aaron Johnson colle parfaitement à l’idée qu’on se fait d’un adolescent en pleine puberté, passionné de comics et ... de comics.
    • Nicolas Cage (grand fan de comics à la ville) campe ici le rôle de Big-Daddy et il n’a pas son pareil pour jouer les personnages en marge de leur cerveau. On ne lui tiendra d’ailleurs pas rigueur de son rôle dans Ghost Rider, navet au pays des productions sans le sou, car ici, on le retrouve au meilleur de sa forme.
    • Chloé Moretz quant à elle surprend, une machine à tuer qui pose là son personnage et n’est pas sans rappeler (un peu) Nathalie Portman dans Léon, enchaînant les scènes de combat face à des molosses armés jusqu’au dents, pour le plaisir de tous.

    Ce qui est par contre, dommage, c’est que l’on perd au fur et à mesure cette esprit d’un monde réel. Les costumes de super-héros en cuir de Hit-Girl, Big-Daddy (qui rappel Batman et Robin, qui ont inspirés Millar pour cette histoire) ou The Red Myst sont devenu trop courant dans les adaptations de comics et le film fini par tourner à l’archétype du film de super-héros. Sans faire de spoiler, je dirais que la fin est par contre une vraie deception, entre (semi-)happy end à la sauce "je me vengerais" !
    Par la même, comme précisé plus tôt, on s’éloigne aussi du comics, mais même si l’on continu à considérer le film sans garder en tête la BD, la fin donne l’impression d’avoir été baclée/reprise d’un énième block-buster États-Uniens, avec ou sans super-héros (Bruce Willis ferait l’affaire).

    Heureusement, le cadrage, le montage et la bande originale bien choisie (ou presque avec un peu de The Prodigy, Ennio Morricone ou Elvis, mais malheureusement aussi Mika) donne une dynamique qui en fait un film dans lequel on ne s’ennuie pas : un vrai film d’action à la sauce sanguine mais pas trop.
    Le tout saupoudré d’une pointe d’humour déconnectant complètement de la réalité ses personnages si brutaux.

    Le grand plus est tout de même la scène qui raconte l’histoire de Big-Daddy avant Big-Daddy. Ce personnage illustre son histoire au travers d’un comics présenté ici comme une séquence d’animation. C’est bien entendu John Romita jr qui prête son trait à Nicolas Cage.
    Pour l’occasion, John Romita Jr a donc dessiné quelques pages d’un comics que le studio Double Negative Visual Effect a ensuite adapté en 3D.
    C’est une scène vraiment marquante, surtout lorsqu’on apprécie le travail de John Romita jr, car il prend là une toute autre dimension (sans jeu de mot).

    En définitif, Kick-Ass est un film qui casse la baraque (mais pas les fondations car la fin manque cruellement... de scénario).
    C’est un moment sympa qui mérite que l’on s’y arrête mais ce ne sera pas l’adaptation de comics que les fans plébisciterons...
    À voir, donc, mais en oubliant le comics (ou en évitant de le lire)...

    Mais l’aurons nous un jour, cette adaptation (peu importe de quel comics ou livres) qui mettra toute les fans du matériel d’origine d’accord.
    Je ne pense pas que ce soit pour tout de suite...

    Sortie le 21 avril 2010

    1 phylactère | Publié dans Critique

  • #ReadingWednesday

    Ça n’a rien de révolutionnaire, c’est juste l’occasion de partager quelques titres BD parmi les milliers de sortie.
    Le hashtag #ReadingWednesday permettrait ainsi d’avoir une petite liste de BD alimentée chaque mercredi.

    Pour ma part, je pense que je ferais ici une compilation mensuelle des #ReadingWednesday qui m’auront plu.

    À vous de jouer !

    0 phylactère | Publié dans Comics, ReadingWednesday

Je gribouille et je tweete !